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   Dans le désordre de mon labyrinthe personnel, j’essaie d’arracher la corde d’Ariane collée aux griffes et aux ronces de mes émotions un peu trop enflammées. Pour mieux dire : Notes sur canapé est un nouveau concept d’articles tentant de me sortir de cette panne d’inspiration ou de ce blocage psychologique. Ce n’est pas construit, ce sont des notes écrites sans liens ou avec liens, avec colère ou plaisir ; des réflexions sur ce qui me concernent et creusent un trou béant dans mon quotidien. Excusez moi si vous n’avez pas tout saisi, moi même je ne saisi pas tout.

  Je n’ai plus d’inspiration, le mouvement des pages froissées, des stylos trempés dans l’encre me semble dérisoire, un peu vain. Mon cerveau n’écoule plus les idées parce que celles-ci n’apparaissent plus. Suis-je lessivée ? Lassée ? Ou est-ce ces gilets jaunes que je soutiens, qui m’émeuvent ? J’aimerai leur rendre hommage mais ne peux. Je ne peux même plus écrire pour moi-même alors je laisse mes doigts caresser le clavier et apporter des mots dans une syntaxe qui ne porte pas de sens ou très peu. Seulement un registre plaintif et éloigné des préoccupations d’une majeur partie de la population.

  Cette semaine j’ai oublié ma routine que j’essayais de construire, écriture, révisions, fiches, pour me concentrer sur les gilets jaunes. Je vais un peu mieux, mon esprit moins orienté dans cette révolte légitime et nécessaire. J’ai abandonné la plume pour observer à distance, pour soutenir dans mon coin, pour réfléchir et chercher des livres qui en parlent. J’ai trouvé L’homme Révolté de Camus que je lirai cette semaine, partageant ces raisonnements avec ma mère qui, elle, a pris conscience, tout comme moi, que les Gilets Jaunes représentaient toute une population, le peuple de France.

  J’admire leur force et leur courage d’affronter le froid et les CRS, d’aller dans ces regroupements pour s’exprimer et pour représenter ces absents qui ne peuvent pas se réunir autour d’eux. Je suis de ces personnes qui préfèrent rester dans ma maison. Mes armes ne sont pas la voix ni les hurlements ni les insultes de colère. Elles sont ancrées dans mes passions, l’écriture et l’imaginaire, les images et la peinture, l’enseignement et l’empathie. Changera-t-on notre société en un mois ? Macron démissionnera-t-il ? Ecoutera-t-il son peuple ou le gavera-t-il de réformes encore pendant trois années ? Ce début de révolte perdura-t-il ou bien, désabusés par la non réponse, les Gilets Jaunes retourneront-ils dans leur vie de misère ?

  Je remarque que mon esprit s’est en allé avant de revenir, caché sous des monceaux d’inquiétudes mêlées au désir de suivre ces âmes vibrantes dans les rues. Je pensais n’avoir rien à dire. Je constate que mon inconscient soulève des pensées par milliers s’esquissant dans cette pages virtuelle n’existant que lorsqu’on plante son regard et que l’on lit les caractères. D’ailleurs. Pourquoi suis-je bloquée par la force de notre société, par ces événements subits, impressionnants ? Pourquoi me sens-je obligée de mettre ma routine en pause, le coeur bouillonnant ? Je possède certainement une âme à la révolte qui agonise dans le vide d’une vie sans rien.

  Je commence à gribouiller n’importe quoi, sans lien et sans raisonnement logique. Je ne désire pas m’accrocher à une rationalité qui semble être une valeur sûre pour dire « je sais ». Ces politicards savent, apparemment, car ils ont fait des études. Et les études n’empêchent-elles pas le mépris qu’éprouvent ces gens pour ce qu’ils considèrent le petit peuple, la basse classe ? Je ne peux les voir à la télévision si plein de verve et de haine pour la majorité d’un peuple qui agonisent sous les multitudes de taxes, des banques et des grandes entreprises qui nous incitent à acheter n’importe quoi. Les pubs mensongères destinée à vendre plus qu’à acheter n’ont pas d’emprise sur mon âme… mais lorsqu’il s’agit de livres, je ne réponds plus de rien, je consomme, heureuse d’avoir de nouveaux amis dans mon sac, sans me soucier de mon petit bonheur personnel, égoïste. Lire c’est s’ouvrir au monde, c’est se confronter à des pensées qui ne m’appartiennent pas, qui entrent en contradiction avec mon univers. Je ne supporte pas les pseudo-intellectuels qui se servent de leur notoriété pour affaiblir et insulter les Gilets Jaunes et, plus que les Gilets Jaunes, le peuple qu’ils ne comprennent pas. Qu’est-ce qu’un bon intellectuel ? Celui qui sait se remettre constamment en question,poser des contradictions, des paradoxes pour éclaircir un monde en flamme. Je pourrais citer des tweets dégueulasses qu’on poster ces fameux êtres régnant dans l’entre-soi parisien, côtoyant la plèbe de ces malades du pouvoir. Le syndrome d’Hubris qui s’attaque au cerveau des hommes au top de la hiérarchie de la société, le président, le roi, le premier ministre.

  Donc tout m’énerve et surtout ces faces bien pensantes qui se scotchent sur les écrans. La question de connaître la fin du mouvement des Gilets Jaunes n’est pas importante car la braise de la révolte s’enflamme dans la cheminée spirituelle de tous les français. Nous attendons une décision, un acte important qui bouleverserait la société, que Macron montre qu’il a changé de cap pour son peuple et abattre la pauvreté. C’est dommage pour lui et je ne voudrais en aucun cas être à sa place, la place d’un dictateur têtu et narcissique offrant pour se faire bien voir des cadeaux aux riches entreprises qui polluent et récoltent des milliards. Je suis en colère et cette colère je la cache dans mes carnets et mes écrits, mes peintures et mes projets car sans elle je ne me sentirai concernée de rien. Alors je lis, j’essaie de me confronter à d’autre que moi en soulignant des lignes et des phrases, conquise de la littérature qui me sauve. Soutien aux Gilets Jaunes, courageux et fervents, un soutien qui ne vaut peut-être rien puisque je ne me montre pas aux manifestations, encore la peur au ventre de je ne sais quoi.

4 thoughts on “Notes sur canapé #1”

    1. J’ai envoyé une réponse vide sans faire exprès ><. Merci beaucoup ! Je ne savais pas s'il allait intéresser donc je suis contente s'il résonne en toi.

  1. Oh, tu vas lire “L’homme révolté” ? Toujours pas lu…

    Sinon, je dois avouer être en plein effroi sur les réactions que suscitent les Gilets Jaunes… Ils ont apparemment l’approbation de la majorité des français, disent les médias, mais j’en suis pas sûre, je ne connais personne qui soit pour leur mouvement :/

    En tout cas, un très beau texte que Camus n’aurait pas renié 😀

    1. Je l’ai commencé hier et je le trouve très bien, enfin j’ai les mêmes idées que lui alors ça aide (malgré quelques petites phrases sexistes).
      J’en connais plein qui soutiennent les gilets jaunes de mon côté. Et ma mère est au courant de tout alors j’ai des nouvelles tous les jours par son biais.
      Tes proches n’ont peut être pas pris conscience qu’ils avaient des droits et qu’ils fallait pour eux, les récupérer ?
      Merci ! 😍

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