12 mois, 12 livres, 12 ami.e.s

Je prépare mon année 2020 tranquillement et, avec elle, un défi littéraire. Il consiste à demander à douze proches le nom d’un livre qu’ils ont adoré ou aimé. Ainsi dis, ainsi fait. Je suis très heureuse de la liste que j’ai sélectionné, elle reflète bien l’aspect hétérogène des goûts des bookstagrameurs que je considère très talentueux et très proche de mon univers. Du fantastique, du classique, de la poésie, un roman d’aventure… De quoi découvrir chaque mois, un livre qui les a bousculé. A chaque mois, un livre, de quoi se repérer pour cette nouvelle année !

JANVIER – BELLE DU SEIGNEUR – BEER AND BOOK

J’ai triché, j’ai commencé à le lire ! En même temps, il me semble que c’est le plus long, l’ouvrage fait plus de 1000 pages pour décrire, ourdir, médire, exagérer, s’amuser, se moquer, approuver son lecteur. Je peux déjà argumenter au bout de trois cent pages (oui le compte des pages pour Belle du Seigneur d’Albert Cohen est nécessaire) le fait qu’il est plein de richesse littéraire, stylistique, textuel, critique. Ce n’est pas un roman d’amour (allez lire Aurélien d’Aragon), c’est une nécrologie sur l’idiotisme des classes bourgeoises et des gens en général. Les personnages me semblent antipathiques au possible mais j’ai à coeur de le terminer, bien que, quelques matins, la lecture me paraît si compliqué. Je n’attendais pas moins de Beer and Book, et je décèle une saveur de la passion et de l’idéalisme chez elle qui correspond aussi aux miennes (plus désenchantée).

FEVRIER – LE NECROPHILE – NAABOLITA

J’ai déjà lu Serenissime Assassinat de cette autrice, Gabrielle Wittkop, et j’ai adoré les images travaillées, les images esthétiques et l’ambiance nauséabonde remplie de baroque et de crime. Je pense que ses écrits m’inspirent inconsciemment, lorsque je rédige moi même mes descriptions pour mes récits. Nabolitaa a souvent parlé du Nécrophile et, ni une, ni deux, je me suis empressée de l’acheter. Je m’attends à cette beauté sourde et implacable, à cette immoralité et subversive tentation de l’horreur. Il y a du sacré enténébré chez cette artiste.

MARS – L’OBSCURE CLARTE DE L’AIR – FICTIONNISTA

Une réécriture, d’un mythe, celui de Médée. Je ne précise pas que Médée, avec Perséphone et Antigone sont mes figures héroïques favorites, elles me parlent, condamnent mon coeur, consolent mon esprit. Ecrit par David Vann avec lequel j’ai pu lire Aquarium, j’ai hâte de découvrir cette Obscure clarté de l’air, l’ouvrage est décrit comme un texte féministe fort. Je suis bien curieuse.

AVRIL – LA SEVE ET LE GIVRE – LA LUCIOLE ECARLATE

J’avoue, celui me tente royalement mais je l’ai mis en Avril, mois propice au voyage fantaisie et fantastique. Les bourgeons se rassérènent à cette période de l’année, les champs fleurissent, c’est toujours le début timide d’un renouveau, le printemps. Et, au printemps, j’aime m’engoncer dans ma couette, à l’abri du froid et des mauvaises humeurs, plonger dans les récits de mes compagnons. C’est une chanson de geste moderne où une princesse doit sauver un homme… En réalité, je n’en sais rien, j’ai retenu que ce livre devait être d’une exquise beauté aux références des grandes textes moyen-ageux. J’en profiterai certainement pour lire Tristan et Iseult.

MAI – LA MONTAGNE DE L’AME – DEAR GINNY

Le mois de mon anniversaire, le mois du questionnement, le mois de la remise à zéro, peut-être même le mois de la dépression (à prendre au second degré). Je vais voyager en Chine grâce à ce roman qui me paraît bourré de poésie et de tendresse, de sagesse et de sérénité. Je ne connais rien de l’histoire, seulement qu’un homme part à la recherche d’une chose. Et peuplera de ses pensées les paysages merveilleux qu’héberge ce pays.

JUIN – GILLES – CORPS ET BIENS

Très philosophique, très enrichissant je pense, je le sais, je le sens ! J’avais déjà l’intention de le lire car j’ai une absolue confiance dans les recommandations de Corps et Bien. D’habitude, j’ai mal à dissocier l’artiste et l’oeuvre, l’on dit que Drieu De La Rochelle était fasciste (il faudra déjà que l’on pose une définition claire et précise sur ce qu’était le fascisme dans les années trente alors qu’on hurle également que notre état l’est redevenu). Des passages que j’ai découvert sur tweeter, je les ai trouvé affolant de justesse, de violence, de réflexions sur notre être intérieur.

JUILLET – LE PARFUM – LEA

Une relecture, ce roman lu une première fois lors de mes années de lycée, j’avais quinze ans. Je me souviens de l’impression marquante, fascinante qu’il avait laissé, j’étais impressionnée. Par ce style, par cette histoire, par ces émotions mêlant l’horreur du crime et la sensualité de l’odeur. Un peu plus tard, j’ai constaté que Suskind avait inspiré de nombreux autres auteurs contemporains comme Del Amo et son Une éducation Libertine. Dans ce texte c’est un baroque pullulant de sonorités et de visions majestueuses, c’est un détournement du sacré dans sa part la plus noire. Oui, j’ai hâte de le relire à l’aune de mes vingt sept ans.

AOUT – L’USAGE DU MONDE – BLANDINE BACCONET

Inconnu sauf dans les sphères littéraires, du moins en ai-je peur, ce roman est le premier de voyage et d’aventure. On connaît celui qui a su transmettre l’émerveillement que procure ces instants hors de notre pays natal : Blaise Cendrars. Nicolas Bouvier aussi a parcouru la terre, de l’orient à l’occident, il a su construire son voyage en mot et en image. Je ne suis pas très friande de ce sous genre littéraire, bien que le voyage m’attire profondément. Craintive à l’aider d’éveiller des désirs que je ne peux réaliser, pour le moment, j’avais toujours fuis les œuvres comme celles-ci. Mais je me console en me disant que cette découverte pourrait m’être très utile.

SEPTEMBRE – LE MESSAGE – MARIE

J’ai lu quelques poèmes d’Andrée Chedid, touchants et délicats, je me renseignais déjà sur les romans avant qu’une amie me glisse de le lire. Je ne connais rien et tant mieux, je sais simplement que, si elle garde ce talent poétique dans ses récits alors, je serai une lectrice comblée.

OCTOBRE – LA MONTAGNE MAGIQUE – MADAMEIRMA

Deuxième pavé pour ce défi, depuis que je lis Belle du Seigneur je suis moins impressionnée par la longueur de certains textes, parfois, je me demande, même, pourquoi, ces auteurs ont choisi d’écrire des milliers de pages pour un roman. J’ai entendu beaucoup de bien sur ce texte, par HajarRead et Madame Irma. J’ai lu certains passages qui ressemblent parfois à un essai de philosophie. J’ai la conviction qu’il mélange les genres, et, Thomas Mann, étant réputé pour son génie, je ne doute pas que la lenteur de cette lecture m’égayera tout de même.

NOVEMBRE – ANIMA – APCALIPTICART

Beaucoup, l’ai-je vu tourner sur instagram ! L’auteur, connu, Wajdi Mouawad semble porter ses obsessions sur la famille, le couple, les liens sociaux, la douleur qu’ils engendrent. La perte, l’absence, le suicide, la mort. L’on dit de moi que je parle souvent de la mort, je ne m’en rends pas compte. Mais je pourrai citer ce roman, qui, me paraît-il est empli d’une beauté rare. Oui j’ai lu quelques pages et j’ai lu également sa pièce de théâtre, Incendies.

DECEMBRE – ARBRES D’HIVER – SIMONE PERREZ

Paradoxalement, je ne sais si je patienterai jusqu’à ce mois qui clôture l’année, Sylvia Plath devient une de mes références, une sœur de coeur, une sœur de passion. En pleine introspection en découvrant ses Carnets Intimes, j’ai envie de tout lire, de tout dévorer, de m’immerger complètement dans son univers si triste, si mystique, si poétique. Elle a une manière de construire de la grâce et de la beauté, du rythme et de la critique, tout en gardant une candeur et une naïveté. Elle est femme, elle le dit, elle l’assume mais, telle Perséphone, elle combat une société dans laquelle la féminité n’a de place que dans le regard de l’homme. Je n’ai pas lu ses poémes, j’ai hâte !

Je rédigerai un article détaillé sur mes impressions à chaque livre lus. Ou une vidéo. Cela dépendra de mes envies et du format qui me semble le plus adapté. Merci à vous, qui vous êtes prêtés au jeu avec beaucoup de sérieux, car, en me confiant ces titres, peut-être réussirai-je à vous cerner un peu plus et à vous connaître mieux. Je pense que l’habit ne fait pas le moine mais que, “dis moi ce que tu lis et je te dirai ce que tu es”, est une maxime imbibée de vérité.

4 Comments

  1. Ada

    janvier 12, 2020 at 7:58

    De très belles lectures en perspective 😉

    1. celestialmusae

      janvier 13, 2020 at 1:06

      Oui, j’ai hâte d’aller à la découverte de tout ce beau monde

  2. Marilyne

    janvier 13, 2020 at 10:41

    Quel beau et riche programme ! ” La montagne magique ” et ” La montagne de l’âme ” sont également dans mes projets, je ne sais pas si ce sera pour cette année. ” L’obscure clarté de l’air ” est sur ma pile, j’ai lu quelques pages pour le plaisir, quelle écriture. J’ai eu la chance d’une rencontre en librairie avec David Vann, il a fait un travail incroyable pour cette écriture ( à laquelle la traduction est fidèle ).

    1. celestialmusae

      janvier 13, 2020 at 1:10

      J’écrirai un article sur tous les livres présentés dans cet article. J’ai lu Aquarium du même auteur, j’avais beaucoup aimé même si certains côtés (surtout au niveau du caractère et de la névrose de la mère) m’ont dérangés. J’ai hâte de lire celle ci.

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