Au fil de Pénélope, Cosmologie introspective

Lorsqu’on s’isole

My solitude doesn’t depend on the presence or absence of people; on the contrary, I hate who steals my solitude without, in exchange, offering me true company.

J’avais l’intention d’écrire de nouveaux articles autres que des critiques littéraires et des articles liés à la littérature. Et aujourd’hui, j’avais envie de partager ce sentiment que l’on ressent peut-être tous, une fois dans sa vie, cette émotion d’isolement, cette sensation de ne pas trouver sa place. A la maison, dans notre lieu de travail… même lors d’une discussion en compagnie d’amis ou lors d’un repas de famille. Il arrive si vite, en fusée perpétré par un mot, un minuscule détail, une remarque. Pire. Un jugement.

« L’enfer c’est les autres. » est mon adage, une maxime grognant, cognant, grésillant dans ces moments de doute, de remise en question. Surtout dans ces instants où mes yeux s’ouvrent sur les camarades de promo qui m’entourent. Et quelques fois, l’envie terrible de les fermer ces yeux qui s’éveillent à la douleur d’autrui, aux gestes inconscients, aux mots utilisés.

Se sentir en décalage c’est se sentir vieille déjà. D’un coup. Parce que chaque chemin a été façonné d’une manière différente, unique. Le passé forge le présent. La personne grandira certainement, prendra conscience tôt ou tard dans son existence. Or, il y a des personnes jeunes mais déjà matures. D’ailleurs, mature est le mot qui convient lors de cette situation ; l’esprit possédant l’expérience et le corps la jouvence de la jeunesse.

Je me souviens d’un moment, un bref, très court instant où, lorsque j’ai raccroché mon téléphone, je me suis souvenue que j’étais jeune. Ces deux secondes furent très lourdes, je me voyais âgée de cinquante année, avant de me souvenir que j’étais étudiante de vingt-quatre ans, que j’avais encore la vie devant moi s’étalant de son encre imprévisible.

Je termine ce billet avec l’apaisement des doigts et de la tête alors que je l’avais commencé très en colère. A fleur de peau, observatrice de la société, j’ai les oreilles qui traînent. Et les questions sur les lèvres.

S’isoler est-il un mal ou un bien ?

Question dangereuse, se prêtant peut-être au cloisonnement : il n’y a pas de vérité absolue seulement un ressenti. Une protection, déjà, amenant à l’enfermement. Pour pallier à cette peur du jugement (car, au fond, il s’agit aussi de supporter les critiques derrière le dos se faufilant ignominieusement dans la psyché) je me replis dans les livres, porte de sortie, de survie. J’écoute, de loin, je ne m’oblige pas à m’isoler totalement car la vie humaine et les discussions m’intéressent.

Cependant, je ne supporte pas ces phrases hâtives de personnes proches : « mais tu allais mieux. » « Pourquoi ne participes-tu pas ? » « Fais un effort ! ». Certes, pour lier contact, souvent, il faut affronter quelques inquiétude, d’où le rôle des masques. Fameuses cachettes des blessures ! Et jouer d’un masque en société n’est pas mon envie première. Pourtant les règles sociales stipules de rire, de sourire, de s’ajouter à la conversation. Lorsque tu te dégages des autres, que tu t’immoles dans la solitude par choix, c’est mal vu, c’est pointé du doigt. Or, je préconise un moment d’égarement, un moment uniquement partagé entre le moi et le moi.

A l’abri dans une solitude pour penser, se chercher, analyser ; une phase d’introspection pour souffler, pour partager entre soi même des passions, pour progresser. L’écriture représente cette sérénité face à l’adversité, face aux incitations à plier. Plier pour la pression sociale, se poser des questions, se remettre en question. Oui, peut-être suis-je associable. Peut-être suis-je atteinte de troubles de l’isolement, d’asociabilité… Et si, pour une fois, on laissait les gens tranquille ? Qu’on leur tendait la main sans les juger, sans omettre d’a-priori face à ces loups solitaires ? En réalité, nous avons peur de la solitude car elle est signifiante de douleur, de décalage, de marginalité ; en tout cas elle est synonyme, pour beaucoup, d’angoisses.

J’ose le dire : j’aime ma solitude et n’éprouve aucun problème, lorsque le désir me prend, de discuter avec les personnes que je rencontre. Je suis tout de même à l’écoute de mes besoins vitaux : introvertie, j’aime le silence d’une pièce baignée de ma seule présence et de mes compagnons livresques. Pour prendre soin de ceux que l’on aime et que l’on apprécie, il faut savoir déjà s’aimer et se comprendre soi même. Et les périodes de doutes, d’isolement, sont nécessaires.

Les mascarades ont tendance à laisser des stigmates de colère, de révolte, ainsi je préfère être seule plutôt que d’être mal en compagnie des autres.

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4 Comments

  • Reply Maned Wolf novembre 11, 2017 at 12:28

    J’aime beaucoup cette illustration et le nouveau design du site ! Je suis contente que tu aies enfin trouvé un coin à toi, qui n’aura plus besoin de bouger <3
    Et je pense que tu as tout à fait raison, c'est important de faire face à sa propre compagnie et d'apprendre à se suffire à soi-même, et c'est encore mieux si tu sais que tu as des gens sur qui compter quand tu veux te sortir de cette solitude. C'est un équilibre à trouver, qui est différent pour chacun ! Mais tant que tu es bien comme ça, ne te laisse pas atteindre par les mauvaises langues…

    • Reply AMBROISIE novembre 11, 2017 at 1:53

      Oui, enfin un nouveau blog et un nom de domaine que l’on ne pourra pas m’enlever cette fois-ci . En plus c’est wordpress donc très facile pour répondre aux commentaires.
      J’écrivais justement cet article sur ça, sur le fait que la solitude n’est pas une mauvaise chose en soi. D’ailleurs un point que je n’ai pas dis et qui me semble important mais être seul aide aussi à se gérer et gérer ses problèmes pour mieux se sentir à l’aise après. Penser sur soi même et se comprendre c’est totalement nécessaire pour être en paix avec les autres. Je pourrai en écrire des pages sur ce sujet. J’ai les yeux partout quand je suis à la fac et ça me rend triste d’assister à certains de comportements bien que je comprends aussi. Je suis passée par là aussi.
      Pour l’illustration c’est un artiste : Zoran Mušič

  • Reply Ada novembre 12, 2017 at 6:26

    Tu me connais assez maintenant pour savoir que je souscris complètement à cette article. D’ailleurs, ton texte est très beau 🙂
    La solitude permet de me régénérer, de me sentir bien, mais très difficile de faire comprendre ça aux gens…

  • Reply Ilse novembre 27, 2017 at 3:45

    <3

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