« Ce que l’on voit, et ce que l’on perçoit, n’est qu’un rêve. Un rêve dans un rêve. »

J’ère un peu. Je suis mes couloirs psychiques, essayant de trouver ce bout de ficelle d’Ariane, elle seule pouvant me guider vers la sortie de mon embourbement. Deux mois d’absence qui m’en semblent six. L’envie d’écrire des articles s’évanouit entre mes phalanges égratignées. Je me suis concentrée sur mon année de master, avec l’objectif en tête de passer mes épreuves d’admissibilité du CAPES pour atteindre les oraux et, peut-être, obtenir mon concours pour sauter dans une nouveauté qui sera ma vie. Je n’en ai pas oublié que j’avais un blog à gérer, mais je l’ai laissé de côté, pour le moment, réfléchissant tout de même à la suite, à de nouveaux concepts. Entre mes lectures d’essai et de roman, j’ai aussi mis de côté l’écriture de mes carnets, mais je reprends, tout doucement. Je tâtonne. Parce que recommencer, reprendre l’écriture d’articles, de chroniques, parler de problématiques qui me sont chères me paraît insurmontable. Comme si je n’en étais plus capable.

Ça bloque.

J’ai repensé à certains articles, au début de l’émergence des blogs, des pseudos professeurs en sociologie ou que sais-je affirmant que gérer un blog permettait aux blogueurs de parler de leur vie et de s’exhiber. Maintenant l’on sait tous que les blogs pourvoient aux nombreux centres de passions, grâce à cet espace numérique, nous pouvons partager, communiquer au-delà des frontières réelles imposées. Maintenir un blog c’est pouvoir poser le papier de nombreux questionnements, s’éloigner du quotidien parfois féroce.

Mais je ne sais plus quoi faire.

Alors j’écris.

Je pourrais gribouiller ma feuille vierge, la remplir de verbes. M’exclamer pour mes dernières lectures ou me révolter sur l’inégalité des femmes contre les hommes. Ce que je ferais sûrement. Lorsque que j’aurai remis mon cerveau en place.

Alors j’écris.

J’entends mes voix intérieures me jugeant férocement. Tu écris comme si tu écrivais un roman, ton blog ce n’est pas un roman. L’esthétique ne compte pas sur ce territoire. Sois claire, précise, concise. Comme en cours. Or, mon blog n’est pas une zone de cours. Justement, j’ai forgé celui-ci pour m’exercer à graver des phrases naturellement, pour m’enlever cette angoisse des répétitions, des maladresses, des tournures trop pédantes, vaniteuses, poétiques. Jamais, pourtant, je n’enlèverai la poésie et les images.

C’est peut-être cela le tréfonds du problème.

Comme un souffle d’horreur, cette musique endiablée, un requiem que j’essaie de fuir lorsque mon juge double réapparait. Ce maelstrom inexplicable, mystique, que l’on pressent mais que l’on ne voit pas. Je dessine mes traumatismes. J’écris le monde. Je souhaite peindre par les mots la psychologie et la douleur, je désire blablater sur tout, surtout des arts, car les arts sont le monde. Tout du moins une fenêtre sur notre société. J’aimerai gueuler sur cette société patriarcale, espérant que, peut-être, mes petits textes permettront de faire prendre conscience que les femmes sont encore très éloignées de cette utopie de l’égalité. Je voudrais monter des dossiers présentant des mouvements dans l’histoire pour expliquer pourquoi, à cette ère, l’on pensait comme ça. Dans la subjectivité la plus totale. N’oublions pas que l’objectivité ne peut exister, cela signifierait que nous sommes tous conditionnés, tous robotisés.

J’ai ouvert mon papier, affiché sur mon écran illuminé.

Sans préparation, ni de notes.

Juste une spontanéité me surprenant encore.

J’ai tant de mo/aux sur le cœur. J’avais besoin de le poster.

2 Comments

  1. Ada

    avril 14, 2018 at 6:23

    Personnellement, je comprends tout à fait ton absence et je ne t’en tiens pas rigueur. (ça serait de toute façon très présomptueux de ma part) C’est normal que tu te concentres sur tes études, surtout à ce stade.
    Quant au fait que tu n’arrives plus à parler de ce qui t’est important, c’est normal, on a tous une période comme ça, et généralement, ça revient. Je suis sûre que tu reviendras très forte et que les cons n’auront plus qu’à se cacher. Idem pour les livres, bien qu’il y aura moins de cons pour ça, aha.
    Je te fais de grosses bises 🙂

  2. Anaïs

    avril 14, 2018 at 8:25

    Très joli texte, comme toujours. Prend le temps qu’il te faut, tu as bien raison de t’écouter. Prends soin de toi et bon courage pour tes échéances de fac et de concours.

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