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Paroles féministes

Paroles féministes

« L’homme se pense sans la femme. La femme ne se pense pas sans l’homme. »

Ce n’est pas un billet que j’écris là, ni un billet d’introspection, ni un billet de passion comme j’appelle les textes discutant d’arts et de littérature. Je m’attaque à une première partie, sans doute compliqué, subversif, une première partie que je nommerai billet d’avertissement ou articles colérique. Colérique, enragé, sur la condition de la femme dans notre société. J’avais également l’intention (et j’ai toujours la prétention) d’analyser chapitre par chapitre afin d’offrir une base solide à l’éducation féministe du livre Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir. Lu et relu, toutes les pages sont annotées de concertations introspectives, de commentaires révoltés car cet ouvrage, ayant plus de cinquante ans est d’une terrifiante réalité, actualité.

J’écris cet article pour introduire cette nouvelle catégorie, celle du féminisme, de mes constatations désastreuses, de mes courroux, de mes convictions. Je suis fermement convaincue qu’en prenant les armes de différents domaines, en libérant la parole, en possédant le courage de graver les mots dans un texte publié à la vue de tous (internet permet cela, c’est une chance) l’écho grandira dans cette grotte que je suppose comme notre société. Plus j’ouvre les yeux sur mon environnement plus j’y vois la caverne de Platon, ces hommes vivant en face des parois rocheuses, n’apercevant jamais la réalité simplement des ombres divaguant.

J’aimerai hurler sur la culture du viol (ce que je ferai), sur les injustices, sur cette pseudo normalité que nous impose les magazines féminins, sur les diktats de la beauté, sur l’idéal, les canons, les normes de la féminité. Sur les clips, les marchandises où la femme est encore objectisée. Sur les discours que l’on me tient, les propos, les jugements dès lors que je m’emporte et que je casse le masque de la jeune fille sauvage, observatrice, silencieuses, que je me mets à discourir sur le féminisme. Lorsque je suis outrée, désagréablement choquée par certaines blagues pédophiles que j’entends régulièrement dans mes salles de cours, quand les autres rigolent pour se faire bien voir de cet individu.

« L’homme se pense sans la femme. La femme ne se pense pas sans l’homme. »

Parce que la femme est encore considérée comme une « fosse à purin » d’après les dires de certains gamins que je rencontre dans ma classe d’art plastique. Parce que la femme rêve d’un homme pour la protéger, rêve de carrière mais rêve d’amour et fondation d’une famille. Que la femme, quand elle ose dire qu’elle ne voudra jamais d’enfant, qu’elle ne coupera jamais sa vie en quatre, l’égoïsme coule entre les lèvres, se soulève dans la gorge la pression de ce système patriarcale. Que lorsqu’elle veut s’exprimer sur des théories intellectuelles, on lui demande ses sources, lorsqu’elle émet une idée les hommes lui accolent cette fameuse « vous dites cela parce que vous êtes une femme ».

Je ne songeais pas à écrire cet article, j’avais le cœur féministe près à sauter de la barrière de la bienséance. Jane Eyre et La servante Ecarlate ainsi que la série Alias Grace seront toujours mes modèles, m’enjoignant à ne jamais ployer sous les regards, les actes, les paroles condamnant la femme à son destin d’inférieur aux hommes.