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La lectrice intérieur

La lectrice intérieur

Du bénéfice de lire plusieurs livres en même temps

J’ai cette soudaine impression d’un temps immémorial depuis mon article précédent et celui-ci. Les semaines défilent dans un rythme enchaîné, je ne les vois pas, je les ressens par contre. Il m’est difficile d’écrire des articles personnels, j’entends par le mot personnel, des articles qui n’interfèrent pas mes cours. En ce moment j’ai un peu peur d’ailleurs, peur de perdre ce que j’ai construis durement depuis des années et de m’enfermer dans des codes restrictifs, restreints. Cette petite parenthèse me servira pour un prochain texte je n’en doute pas. Mais éloignons-nous de ces baobabs (merci Petit Prince) pour boire un chocolat épicé aux saveurs de noël, je voulais parler de ces livres que je lis tous en même temps. Non. Je voulais parler du fait que je lis plusieurs livres en même temps.

Comme quoi, tout change mais rien ne se perd. Je lis, une morfale gourmande, jamais rassasiée, dévorant des livres à plusieurs. Je ramasse dans ma main ces couvertures soyeuses promettant de magnifiques savoirs alors qu’il y a peu, je ne me concentrais que sur un unique. Pourquoi ce changement ? La fac, mon master professionnel. La découverte passionnante de multitudes d’essais m’ouvrant les yeux sur l’art, plus précisément sur le monde en général. C’est un genre que je lisais de temps à autre, occasionnellement. Et puis j’ai plongé, au mois de septembre dans une bibliographie riche, immense, infinie. Déjà que j’adorai lire, cette maladie du lecteur a grandi, elle a muri. Je désire tout posséder, agrémenter mon esprit. Encore. Encore. Encore.

J’aurai pu rédiger cet article dans un plan détaillé pour dévoiler les bienfaits de lire plusieurs livres en même temps. J’ai décidé de laisser ma plume me guider car il est tout de même assez personnel : comme je l’ai répété, avant, je ne lisais qu’un livre à la fois. Car je voulais m’attacher à chaque phrase. Surtout, je pensais que lire deux livres en même temps me ferait perdre le fil, que j’aurai une perte de repère puissante. Or…

J’assure que lire plusieurs livres à la fois permet déjà de varier les genres. D’un cloisonnement possessif, j’ai décloisonné mes horizons. Ils se sont étendus, ils m’ont dévoilé des connaissances sublimes, fascinantes. L’œuvre d’art et ses significations d’Erwin Panofsky, Histoires de peintures de Daniel Arasse (une relecture), Vie des formes d’Henri Focillon… Le premier fut naturel comme l’on traverse une rivière d’eau douce grâce aux roches lumineuses. J’avais abandonné les romans, dans ma tête, cette année rimait avec efforts acharnés, sept heures de travail par jour à la maison pour y arriver. J’aime ce que je fais. Plus encore grâce aux essais. Source d’inspiration et de réflexion. Cependant, les romans sont revenus à moi dans un cri de détresse alarmé : ils me manquaient. C’est comme ça que d’un, ils se métamorphosèrent en plusieurs.

Je me souviens d’un article et d’un TAG. Je proclamais que jamais je n’arriverai à lire plusieurs livres en même temps. Que nenni ! C’est un changement qui me convient mieux car, je lis plus sans m’en rendre compte (occupant tous mes moments d’ennui par un livre puisque je jongle avec plusieurs), je classe les informations, m’accapare toujours de nouvelles connaissances en simultané. En bref, j’apprends encore plus en me déconcentrant pour me reconcentrer (je vous préviens dès maintenant que dans tous les articles que je posterai, certaines notions de mes cours d’arts transparaitront pour votre plus grand bonheur).

La couverture amène les morceaux de mon cerveau à se recomposer. J’ai appris, grâce à ces nombreux ouvrages que je pouvais toucher à tout et m’éparpiller car il suffisait de se concentrer sur une tâche pour que tout revienne. Si je frappe fort mon clavier à l’instant même, sans relire et me doutant de nombreuses répétitions tout le long de ce périple, j’ai surpassé quelques obstacles. Celle d’affronter les préjugés qui m’embourbaient. Il s’agit de cela, la cause principale, cette façon de voir une manière qui me correspondait mais qui, ayant évoluée, ne trouve plus sa place.

Pour mieux m’exprimer : lire plusieurs livres en même temps permet de dynamiser le cerveau. Je le ressens comme ça en tout cas. Je ne reste plus cloitrer sur un seul thème. Même, je me permets d’avantage d’abandonner les livres dont mon humeur ne l’apprécie pas à cet instant, pour le reprendre mieux après. J’enlève la culpabilité idiote de cette ritournelle « s’investir dans plusieurs œuvres en même temps c’est trahir l’auteur et l’artiste ».

J’avais envie de poser un petit grain dans ce vaste édifice d’article s’approchant du même sujet. Pour démontrer que, lorsqu’on grandit, les méthodes assimilées se transforment, correspondent à ce temps présent qui s’envolera lui aussi pour former d’autres méthodes. Il est très plaisant de s’évader dans différentes histoires, de découvrir de nouveaux styles, de nouvelles pensées. D’essayer de lier entre eux les nombreux ouvrages pour y créer un tout. Il suffit de ne pas se perdre dans ce labyrinthe touffu de connaissances, d’émotions, de sensations.