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avril 2018

La lectrice intérieur

Les classiques, en TAG

Pour faire renaître l’écriture sur mon blog, que j’ai un peu délaissé depuis quelques mois, entre ma pratique artistique, ma préparation au concours et la rédaction de mon roman, j’ai décidé de revenir telle une caresse douce pour vous parler de mon rapport aux classiques. Tendres bouquins millénaires s’étant incrustés dans le panthéon de notre culture, je n’élude pas que ces classiques possèdent tout de même une aura de terreur parfois pour les lecteurs.

    J’avoue : je n’ai pas pris gout aux classiques par le biais de l’école mais par une amitié maintenant envolée qui m’aura beaucoup apporté. Il y a une griserie assez intense quand l’on observe près de nous une personne chère qui nous transmet sa passion, encore plus quand la passion ne disparait pas mais s’ancre en nous. On a alors la certitude que celle-ci ne disparaitra jamais. C’est ce qui se passe pour moi et les classiques. J’ai toujours vécu avez et continuerai, car, en plus de se situer et de documenter des ères anciennes, elles sont sources de millions de sens. Lire un classique c’est s’approprier sa vie et réfléchir sur tous les questionnements qui nous hantent pour grandir.


    Mon classique préféré

     Il fut un temps j’aurai répondu, tout de go, Lolita de Nabokov, j’entretiens avec cette histoire un lien particulièrement malsain. Aujourd’hui, étant plus apaisée, plus confiante, je n’hésite plus et fonce. Jane Eyre de Charlotte Brontë est pour moi le monument de ma littérature psychique. Ecrit par une femme, raconté par une femme, ce n’est pas seulement un roman d’amour qui s’explique dans les lignes, qui se fait voir avec délicatesse mélangé au gothisme, il y a une sincérité sidérante, une mise à nue universelle, Jane, femme d’entre les femme, jeune qui plus est se fait la voix de notre condition. Toujours cette touche d’ironie sensible sur ses lèvres, c’est la force courage d’affronter avec politesse en sachant tout de même quelle est sa place, en la critiquant cependant avec fougue passionnelle. Annie Ernaux disait qu’en découvrant Jane Eyre c’était se découvrir soit même. Je suis Jane Eyre.


    Un classique que je n’ai pas aimé

     Les Faux Monnayeurs d’André Gide, certainement parce que j’étais jeune, que je devais le lire pour ma terminale, que je n’avais absolument pas compris les enjeux de ce roman, de cette mise en abime pourtant qui m’intéresse si cruellement. Il m’a laissé un gout de frustration telle une porte obstinément close qui ne laisserait pas le lecteur découvrir ses mystères. C’était trop perturbant pour moi, je l’ai lu jusqu’au bout sans précisions maintenant du récit simplement un sentiment prégnant d’impossibilité à voyager dans la proposition.


    Mon personnage de roman classique préféré

    Effroyablement fascinée par Mr Rochester (suivons une certaine logique), ce personnage m’attire, me fascine, me répugne, m’inspire. Puisque Jane Eyre est sensée être moi-même, j’aspire également à trouver l’âme qui me correspondra (en sachant pertinemment que je la fuirai si nécessaire). Il a ce côté si charmant, si vertueux tandis que, sous la lune, il se révèle un Lucifer dominant envers les femmes, les idéalisant ou les brisant (qu’on ne vienne pas me dire que Bertha était folle, elle était juste en avance sur son temps, or, son comportement ne plaisait pas à Rochester). Sa relation avec Jane me rend fébrile d’admiration, une dualité attirance-aversion se lie dans mes veines lorsque je m’absorbe pour la énième fois avec plaisir dans la lecture de toutes leurs scènes.

    Esmeralda (bien qu’elle soit par trop idéalisée, trop pure, trop parfaite), archétype de la vierge enfant (elle a 14 ans je vous rappelle), personnage sublime, féminin, tellement douce qu’elle me fait trembler de tendresse. J’ai envie de l’apaiser, de lui apprendre la vie, de la rendre plus flamboyante encore. Matière brute à modeler.


    Mon courant littéraire favori

    J’aimerai me faire l’héritière du romantisme, c’est le mouvement que j’affectionne, parce qu’il me correspond totalement, parce qu’il pénètre dans mes pensées et résonne dans toutes mes pratiques artistiques. J’admire les peintures de Delacroix comme je tombe en pâmoison devant La confession d’un enfant du siècle de Musset, je reste subjuguée lorsque je contemple des encres de Victor Hugo et que je m’abime dans ses poésies et ses romans. Le romantisme c’est le mouvement parfait, qui continuera à me procurer une palette de toutes émotions.


    La lacune littéraire dont j’ai honte

    Que nenni ! Je n’ai d’honte à n’avoir ! Je comprendrais encore si je faisais des études de lettres afin de devenir professeur de lettre, ce n’est pas le cas. Je vais répondre à côté ; il n’y a pas de honte quand on parle lecture, qui plus est lecture de plaisir, pour soi, pas pour les autres. Si je ne connais pas un mouvement de l’histoire de la littérature j’ai tout mon temps pour la découvrir, pour juger, pour évaluer si celui-ci fait écho à quelques lambeaux de mon inconscient, s’il m’inspire ou, si, au contraire, il m’horripile. Car à la honte s’ajoute cette infériorité, cette sensation de se trouver devant un monument trop grand, trop imposant et de rester en retrait.

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La naissance de Venus, Botticelli, 1484-1485


    Les 5 classiques que je veux lire très bientôt

    Cette question où il faut prédire le temps, donner des titres que l’on ne sera pas sûr de déguster dans les mois suivants. J’ai l’habitude de faire des montagnes de PAL, de les laisser pendant des années. Comme je l’avais dit, ma PAL est vie une existence autonome, c’est selon mes humeurs. Ceux qui me tentent sont pléthore, je m’en vais fouiller ma bibliothèque pour apercevoir ceux qui brillent le plus.

    La Peste de Camus : il y a quelques années, j’avais découvert dans un sursaut de cœur le fabuleux Etranger. Un choc émotionnel doublé la responsabilité de comprendre l’absurdité du monde. J’ai continué mes recherches avec lui en lisant le Mythe de Sisyphe (je ne le remercierai jamais assez car cet essai m’aura aidé à me positionner sur mes pratiques artistiques, à mieux entrevoir mes dessins tourmentés, à concevoir l’art comme une survie, une porte vers la transcendance). J’ai décidé de poursuivre mon chemin avec lui en dévorant La Peste, bien au chaud dans ma PAL.

    Mémoire d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir. C’est une relecture. Je me souviens vaguement des propos qui ne m’avaient pas touché à l’époque, encore si naïve et enfermée dans mes croyances labyrinthiques. Aujourd’hui, je me sens prête à le redécouvrir car, je le sais, il a énormément de choses à m’apporter. Cette autrice étant une femme que j’admire énormément, féministe, intellectuelle, inspirante, j’ai envie de me lier à ses œuvres pour nourrir les miennes. Pour, un jour, déclamer haut et fort que je fais partie de sa descendance de sa pensée.

    L’art de la joie de Goliarda Sapienza. Déjà parce que ma mère me l’a tendrement procuré pour mon anniversaire l’année dernière, ensuite parce que Histoires Vermoulues le cite à chaque fois dans ses articles. Je me dis qu’il a dû marquer au point de le citer tout le temps. Il y a de ces livres qui ne nous quittent pas, qui s’ancrent profondément au cœur et qui nous permettent de grandir.

    Le Paradis Perdu de Milton. Après avoir lu des articles d’analyse sur le personnage de Kylo Ren, après avoir découvert qu’il se plaçait dans une stylistique, une tradition d’u romantisme noir, après avoir lu la comparaison de tous ces classiques ayant apporté une profondeur extraordinaire au personnage de Star Wars, avant de me jeter sur tous les recueils de poésie à ma librairie, je sens que l’expérience sera phénoménale.

    La Divine Comédie de Dante. Pour son aura suprême, religieuse. Pour sa vieillesse, pour ses descriptions de l’enfer, pour les peintures, pour mon amour de l’art mystique.

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Picnic at Hanging Rock, Peter Weir, 1977


    Mon adaptation ciné / TV préférée

    Picnic at Hanging Rock de Peter Weir. Je l’avoue, je l’ai visionné hier ! J’étais convaincue d’adorer la sublime version de Jane Eyre de 2011 brillamment interpréter par Mia Wasikowska aux côtés de Michael Fassbender dans le rôle de Rochester (je ne me lasse aucunement de passer, de repasser les scènes épiques d’amour, cette alchimie mélodieuse dans les gestes pudiques), il a été détrôné par ce film métaphysique, cette adaptation de Picnic At Hanging Rock. Déjà, le livre est affolant par tant de beauté, de délicatesse et, dans le raffinement plaisant, une odeur acre de malsain. Le réalisateur compose ses images, son montage tel un orfèvre. Des tas de références à la peinture de la renaissance, aux contes de fées puis aux films d’horreurs. Et la musique, une flute de Pan transportant chaque spectateur dans cette réalité invisible du noumène.


    L’adaptation ciné / TV que je n’ai pas aimée

    Aucun titre ne me vient à l’esprit. Je suis navrée.


    Mes éditions préférées à collectionner

    Sans aucune hésitation : Folio/Gallimard. Une maison, certes, un peu élitiste, mais représentant les valeurs de la littérature, de ce qu’elle peut transmettre à chaque homme. Pour une raison un peu plus esthétique (non pas superficielle) la mise en page aérée, la police d’écriture, les préfaces, les couvertures me semblent liées au contenu de l’histoire.


    Un classique trop peu connu que je veux recommander

    Les années d’Annie Ernaux, ce n’est pas un roman, il n’est pas façonné comme tel ; le texte alterne deux regards, celui de l’enfant se mêlant à l’adulte qu’elle est devenue. Elle entrelace deux temporalités, celle de la nostalgie et d’une critique ardente. Grace à ce récit je peux enfin dire : « c’est le livre que j’aurai aimé écrire ».

Les humeurs

« Ce que l’on voit, et ce que l’on perçoit, n’est qu’un rêve. Un rêve dans un rêve. »

J’ère un peu. Je suis mes couloirs psychiques, essayant de trouver ce bout de ficelle d’Ariane, elle seule pouvant me guider vers la sortie de mon embourbement. Deux mois d’absence qui m’en semblent six. L’envie d’écrire des articles s’évanouit entre mes phalanges égratignées. Je me suis concentrée sur mon année de master, avec l’objectif en tête de passer mes épreuves d’admissibilité du CAPES pour atteindre les oraux et, peut-être, obtenir mon concours pour sauter dans une nouveauté qui sera ma vie. Je n’en ai pas oublié que j’avais un blog à gérer, mais je l’ai laissé de côté, pour le moment, réfléchissant tout de même à la suite, à de nouveaux concepts. Entre mes lectures d’essai et de roman, j’ai aussi mis de côté l’écriture de mes carnets, mais je reprends, tout doucement. Je tâtonne. Parce que recommencer, reprendre l’écriture d’articles, de chroniques, parler de problématiques qui me sont chères me paraît insurmontable. Comme si je n’en étais plus capable.

Ça bloque.

J’ai repensé à certains articles, au début de l’émergence des blogs, des pseudos professeurs en sociologie ou que sais-je affirmant que gérer un blog permettait aux blogueurs de parler de leur vie et de s’exhiber. Maintenant l’on sait tous que les blogs pourvoient aux nombreux centres de passions, grâce à cet espace numérique, nous pouvons partager, communiquer au-delà des frontières réelles imposées. Maintenir un blog c’est pouvoir poser le papier de nombreux questionnements, s’éloigner du quotidien parfois féroce.

Mais je ne sais plus quoi faire.

Alors j’écris.

Je pourrais gribouiller ma feuille vierge, la remplir de verbes. M’exclamer pour mes dernières lectures ou me révolter sur l’inégalité des femmes contre les hommes. Ce que je ferais sûrement. Lorsque que j’aurai remis mon cerveau en place.

Alors j’écris.

J’entends mes voix intérieures me jugeant férocement. Tu écris comme si tu écrivais un roman, ton blog ce n’est pas un roman. L’esthétique ne compte pas sur ce territoire. Sois claire, précise, concise. Comme en cours. Or, mon blog n’est pas une zone de cours. Justement, j’ai forgé celui-ci pour m’exercer à graver des phrases naturellement, pour m’enlever cette angoisse des répétitions, des maladresses, des tournures trop pédantes, vaniteuses, poétiques. Jamais, pourtant, je n’enlèverai la poésie et les images.

C’est peut-être cela le tréfonds du problème.

Comme un souffle d’horreur, cette musique endiablée, un requiem que j’essaie de fuir lorsque mon juge double réapparait. Ce maelstrom inexplicable, mystique, que l’on pressent mais que l’on ne voit pas. Je dessine mes traumatismes. J’écris le monde. Je souhaite peindre par les mots la psychologie et la douleur, je désire blablater sur tout, surtout des arts, car les arts sont le monde. Tout du moins une fenêtre sur notre société. J’aimerai gueuler sur cette société patriarcale, espérant que, peut-être, mes petits textes permettront de faire prendre conscience que les femmes sont encore très éloignées de cette utopie de l’égalité. Je voudrais monter des dossiers présentant des mouvements dans l’histoire pour expliquer pourquoi, à cette ère, l’on pensait comme ça. Dans la subjectivité la plus totale. N’oublions pas que l’objectivité ne peut exister, cela signifierait que nous sommes tous conditionnés, tous robotisés.

J’ai ouvert mon papier, affiché sur mon écran illuminé.

Sans préparation, ni de notes.

Juste une spontanéité me surprenant encore.

J’ai tant de mo/aux sur le cœur. J’avais besoin de le poster.

Critiques littéraires

Les fiancés de l’hiver

Voyage au cœur de l’hiver, le froid tremble, blanc et magique, dépaysant et léger ; au cœur d’une citadelle enneigée, elle vole par l’imagination d’un écrivain bourré de talent. Le dépaysement est complet, on nage d’abord sur une arche familiale où les éclats de rires, le bonheur, l’insouciance naviguent sur les personnages légers dont l’une se révélera l’héroïne d’une aventure d’une vie, sa vie. Ophélie, l’enfant recluse dans son musée se révèlera impératrice courageuse, songeuse, toujours marbrée de faiblesses, de failles la rendant attachante, vulnérable, une jeune fille tantôt banale, insignifiante, forte aussi, décidée ; d’un mariage qu’elle n’aura pas cherché elle sera obligée. Son prétendant est son opposé, Thorn le glaciale tout aussi fascinant que cette enfant fragile ne s’affaiblira pas quand il ressentira un grain d’amour pour cette maladroite, pourtant le couple ne se dessine pas sous de bons auspices, ils ne s’adaptent pas, ne s’adoptent pas au premier abord. Le temps joint ses mains dans une mélodie atypique, réaliste, les deux protagonistes sont construits dans l’équilibre d’un univers maitrisé, d’une relation prenant son temps, paresseuse peut-être mais grisante sûrement. Ils sont deux animaux méfiants qui, au fil des pages, des lignes se rencontreront. C’est mêlé de sentiments, de ce début que l’on a tous ressenti, de ces inquiétudes connues par tous.

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The Christian Martyr [Detail] Paul Delaroche, Charles-Francois Jalabert, 1853

Le réalisme prend une teinte légère, le sombre nuancé de poésie quand on s’immerge dans le décor des arches différentes. Anima puis la Citacielle, toujours cette dualité, l’une est progrès tandis que l’autre se montre féroce, sauvage, un territoire inconnu qui se montrera contrôlé par une horde d’une famille dissipée en plusieurs clans. Alors le mariage devient un enjeu politique, les pouvoirs de notre jeune adorée sont convoités pour une ombre livresque mystérieuse. On s’attache, on se débat, on ne lâche pas les pages : jusqu’au bout on partage l’existence à l’origine calme de la demoiselle transformée en tempête, incertitude, incompréhension ; pour survivre, elle se métamorphosera, c’est là une métaphore d’un bourgeon grandit, devenant rose toujours aimant les principes. La neige s’élance au-delà du roman, on sent, on imagine, les esquisses s’affolent dans notre imagerie collective, d’ailleurs, les références font plaisir car elles parlent d’un onirisme artistique : Myasaki puis A la croisée des mondes, symboles d’une jeunesse, d’œuvres merveilleuses ; Madame Dabos dilue ces petits détails sublimant son intrigue, donnant une magie d’un voyage. 

On doute de son intégrité avant d’ouvrir le premier tome, mais, dès ces premières pages l’on se sent happé, enlevé pour vivre dans le métro, dans le train, dans son lit, une aventure au-delà du quotidien ; pour voir des planètes de nouveautés, de poésie subtiles, de décors foisonnant. L’auteur nous invite dans son imaginaire, partageant avec nous non seulement une histoire, une intrigue menée avec délice, mais aussi dans un univers coloré, pétillant, acidulé. Une ronde, une danse dans laquelle se réunissent des existences, des caractères multiples. Ils ne sont pas stéréotypés comme la plupart de ces personnages de papier Young Adult, ils sont chair et ambitions, principes et dévotion, force et faiblesses. De personnage que l’on aimera, d’autre que l’on exécrera, les affinités se délitent, tous ont une tâche d’attachement, une humanité dérivant dans leur prouesse de personnalités marquées.

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George Frederic Watts, Time, Death and Judgement, Oil on canvas, 1886.

Je craignais, je ne crains plus. Le coup de foudre n’opère pas car la plume semble hésitante (et je suis méchamment sélective sur le style) seulement elle offre vie à toute une palette, tout un monde flamboyant sous des étendues de neiges ; un peu d’Alice aux pays des merveilles aussi apparait par ces manies amusante d’un lieu changeant, d’une zone de confort jouant avec les habitudes de lecture. L’on aime à se blottir dans ce palais, dans ces ruelles, suivant le sillon de notre jeune pousse innocente. Quelques éléments comiques, cocasses s’imbriquent dans le récit par les attitudes vibrantes de nos préférés, des remarques bien senties jaillissant d’entre les lignes. La présence de l’écrivain tressaute de temps à autre, chose que j’ai vraiment apprécié. Elle connait, elle aime son au-delà forgé. C’est une noyade dans le cœur d’un éternel voyage, une invitation sucré de se plonger dans les aventures fabuleuses d’Ophélie et de Thorn, l’inspiration nordique flottera par les noms et les détails de ce pays enchanteur, un conte se formera, renouant pour les grands avec cette sensation de mélancolie d’une jeunesse perdue mais retrouvée avec ce livre dans nos mains. C’est une française représentant ce genre sur exploité aux Etats Unis, qui peint un chemin pour notre pays. Serait-elle la nouvelle Rowling qu’elle le mériterait totalement.

 

PS : mon avis se confirme et se renforce à la lecture du deuxième tome : une merveille.