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décembre 2017

Cosmologie introspective

2017 dans le passé, 2018 dans l’espoir.

L’envie d’écrire un article de blog me titille passionnément. Je cherche. Je cherche. Une dizaine d’articles inachevés, gardés dans mes brouillons semblent s’assoupir encore pour un bon moment. Deux semaines que j’ai délaissé l’activité de mon territoire d’amatrice journaliste. Je ne voulais pas faire comme tout le monde également, des articles sur la fin de l’année, les coups de cœur littéraires et cinématographiques. Mais janvier s’approche, doucereux premier mois annonçant une nouvelle année. Toujours, le cœur s’affole. Un peu distrait. Un peu désorienté par les prémices d’une inquiétude se dessinant vers les mois où le changement s’annonce. Je vais reprendre cette tradition d’un bilan en vous dévoilant les fameuses choses que j’ai apprise, ayant bouleversé ce 2017, somme toute, une assez bonne année.

La confiance en toi tu apprendras.

Problématique sociétale, riche en blocage. Vingt-trois ans puis vingt-quatre, des doutes, des questionnements. Je n’en suis pas capable me répétais-je vivement lorsque je commençais une activité. Si je ne me suis pas arrêtée, c’est parce que j’ai besoin de ces trois passions. Un besoin vital d’ailleurs. La lecture. L’écriture. Le dessin. La lecture faisant partie de moi, je n’ai pas de mal à m’absorber une, deux, trois heures dans la journée, à m’engouffrer dans les pages.  L’écriture tisse un lien étroit avec la lecture. Lire me donne envie d’écrire, de faire vivre sur des pages de papiers des actions mouvementées, des portraits déchirées, des analyses psychologiques pour les grands meurtriers. Cependant, écrire me demande un effort certain. Non parce que je rechigne à la tâche, surtout parce que j’ai peur de mal faire. Car je sais que ce que j’écrirai ne sera pas à la hauteur de mes exigences. Enfin, le dessin. Etant étudiante en arts plastiques, j’ai besoin de dessiner régulièrement et, pendant mes trois années de licence je n’en faisais rien. Une stratégie d’évitement comme me dit souvent l’un de mes profs. Un beau jour, je me suis réveillée avec cette phrases soudain évidente : « si tu ne fais rien, tu ne progresseras jamais. ». Il m’a fallut trois ans pour comprendre qu’un « talent » artistique n’apparaissait pas à la naissance, qu’il n’était pas inné. Depuis, j’essaie de dessiner tous les jours et plus les jours passent plus j’apprends à apprécier les quelques esquisses que je produis.

Ne pas subir la domination d’un petit ami.

J’ai rencontré un homme. Histoire banale dans une existence atypique (car chaque personne étant différente, chaque vie est différente). Ce fut ma première rencontre où je découvrais les rondeurs exquises de l’amour. Or, de cet homme je ne l’aimais pas. J’étais simplement reconnaissante de l’idée qu’il m’aime. Là, on s’approche d’un véritable problème. Celui d’une relation malsaine. Car si, dans un couple, l’un des deux se sent si inférieur à l’autre, l’autre pourra à loisir le manger ou l’écraser, prenez le terme qui vous convient le mieux. J’ai tout, absolument tout fait pour lui, lorsqu’il me faisait pleurer avec ses remarques puériles, je me taisais. Lorsqu’il tentait de me dominer à coup de débat politique sans jamais m’écouter, je me taisais. Jusqu’au jour où, lorsque j’ai craqué il a voulu me quitter j’ai réalisé. Réalisé que cette rupture me soulageait, me libérait. Et, dans ma tête je l’ai remercié. Car une femme ne doit ni subir la pression familiale, ni sociale, ni dans un couple. Car une femme mérite, elle aussi, de prendre du temps pour elle et de dire les choses, ces sentiments qu’elle referme au fond d’elle pour ne pas blesser l’être aimé. Cette relation m’aura permise de réfléchir sur moi, vers quelles personnes étais-je le plus attirée, vers mes souhaits d’avenir. Comme le dit Simone de Beauvoir « L’homme se pense sans la femme. La femme ne se pense pas sans l’homme », pour les années à venir j’aimerai changer cette maxime, me consacrer à mes projets d’avenir sans ployer sous les désirs d’un homme.

Je suis devenue féministe.

Lors des vacances d’Octobre, une semaine de repos chargée en sommeil ; j’ai profité de ce temps de pause pour lire quelques articles de blog (je ne lis pas les articles de grands journaux souvent manipulés par la société et le système). Grâce à Histoire Vermoulue, j’ai découvert Buffy Mars. C’est grâce à cette femme que la prise de conscience, drastique, m’incita à ouvrir les yeux. A ne plus être dans le déni. Les premiers jours, se passèrent dans la torpeur, comme si j’avais décelé dans le lointain de mon île déserte une autre population voisine, population solidaire, fervente protectrice de l’amélioration des droits de la femme, de l’autre. Mes paupières se sont ouvertes quand j’ai constaté que la société dans laquelle je vivais (et que je n’aimais guère) s’alliait aux hommes et dénigrait les femmes, qu’elle se masquait sous le voile égalitaire alors que, dans les films, les séries, la littérature pour jeunes adultes, la femme est échue dans un stéréotype datant de mille siècles. Rien n’a changé et tout est à modifier. La femme est devenue plus indépendante certes, cependant, beaucoup pensent qu’il en est ainsi depuis deux trois siècles. Je tiens à dire que la femme a obtenu son chéquier en 1971, soit, même pas quarante ans de nos jours. Depuis le mois d’Octobre, je réfléchis, je m’oriente vers des articles politiques, je m’exclame, je m’insurge contre ces mâles n’ayant aucune conscience des droits, privilèges leur étant accordés. Plus qu’aux femmes.

La pression des études tu jetteras.

Septembre, master enseignement. Septembre, le début de certains symptômes alors inconnus ou ignorés. Une période où mes jambes ne pouvaient plus me soulever, où il était difficile de faire un pas sans douleur psychique. Là où mes notes dégringolèrent, là où j’ai remarqué qu’effectivement, dans cet état de panique frisant l’absurde il fallait que je déconstruise tout pour mieux reconstruire. La valeur première pour bien réussir, c’est l’amour que tu portes à tes études, la valeur affective que tu portes à tes connaissances, tes professeurs (guides des plusieurs années peut-être). Ne pas se laisser démotiver, décourager par les on-dit. On le sait, tous, que les concours sont difficiles mais un ratage n’est pas la fin du monde. Au contraire, ça peut être le début d’un nouveau chemin. Tu n’auras pas perdu une année, ce que tu auras appris te serviras plus tard. Ces quelques phrases me rassurent, la ligne imaginaire de progression également. Je sais que j’apprends en lisant, que j’écoute énormément, que ma bataille ne se confronte pas à une paresse nerveuse mais plutôt à une angoisse terrible qu’il faut que j’apprenne à balancer par la fenêtre. Entrer dans un état de concentration intense, un sage en action lorsque je me trouve devant ma feuille vierge.

Un blog pour partager.

En réalité, mon blog aura presqu’un an car j’ai ouvert mon premier en janvier dernier. Mon ex voulant supprimer mon nom de domaine j’ai déménagé. Puis j’ai voulu reprendre un nom qui m’appartiendrait. Cette fois-ci je me suis forgé un nid dont je ne bougerais plus. J’ai réfléchi à ma ligne éditoriale, j’ai trouvé quatre axes qui m’obsèdent, me fascinent, me passionnent : la psychologie, la littérature, l’art, le féminisme. J’en rajouterai d’autre, quand mon blog commencera à se remplir de pas mal d’articles. Hétéroclite, à mon image bordelique, il me plait et, changeant, se mouvant au grès de mon évolution intellectuel il me permet de faire des rencontres formidables. J’aime cette sphère de partage particulière, cette effervescence autour d’un même thème. Internet a ça de bien que toute un peuple peut sortir des chaînes d’un système, d’une société pour se passionner dans une communauté.

La lectrice intérieur

Du bénéfice de lire plusieurs livres en même temps

J’ai cette soudaine impression d’un temps immémorial depuis mon article précédent et celui-ci. Les semaines défilent dans un rythme enchaîné, je ne les vois pas, je les ressens par contre. Il m’est difficile d’écrire des articles personnels, j’entends par le mot personnel, des articles qui n’interfèrent pas mes cours. En ce moment j’ai un peu peur d’ailleurs, peur de perdre ce que j’ai construis durement depuis des années et de m’enfermer dans des codes restrictifs, restreints. Cette petite parenthèse me servira pour un prochain texte je n’en doute pas. Mais éloignons-nous de ces baobabs (merci Petit Prince) pour boire un chocolat épicé aux saveurs de noël, je voulais parler de ces livres que je lis tous en même temps. Non. Je voulais parler du fait que je lis plusieurs livres en même temps.

Comme quoi, tout change mais rien ne se perd. Je lis, une morfale gourmande, jamais rassasiée, dévorant des livres à plusieurs. Je ramasse dans ma main ces couvertures soyeuses promettant de magnifiques savoirs alors qu’il y a peu, je ne me concentrais que sur un unique. Pourquoi ce changement ? La fac, mon master professionnel. La découverte passionnante de multitudes d’essais m’ouvrant les yeux sur l’art, plus précisément sur le monde en général. C’est un genre que je lisais de temps à autre, occasionnellement. Et puis j’ai plongé, au mois de septembre dans une bibliographie riche, immense, infinie. Déjà que j’adorai lire, cette maladie du lecteur a grandi, elle a muri. Je désire tout posséder, agrémenter mon esprit. Encore. Encore. Encore.

J’aurai pu rédiger cet article dans un plan détaillé pour dévoiler les bienfaits de lire plusieurs livres en même temps. J’ai décidé de laisser ma plume me guider car il est tout de même assez personnel : comme je l’ai répété, avant, je ne lisais qu’un livre à la fois. Car je voulais m’attacher à chaque phrase. Surtout, je pensais que lire deux livres en même temps me ferait perdre le fil, que j’aurai une perte de repère puissante. Or…

J’assure que lire plusieurs livres à la fois permet déjà de varier les genres. D’un cloisonnement possessif, j’ai décloisonné mes horizons. Ils se sont étendus, ils m’ont dévoilé des connaissances sublimes, fascinantes. L’œuvre d’art et ses significations d’Erwin Panofsky, Histoires de peintures de Daniel Arasse (une relecture), Vie des formes d’Henri Focillon… Le premier fut naturel comme l’on traverse une rivière d’eau douce grâce aux roches lumineuses. J’avais abandonné les romans, dans ma tête, cette année rimait avec efforts acharnés, sept heures de travail par jour à la maison pour y arriver. J’aime ce que je fais. Plus encore grâce aux essais. Source d’inspiration et de réflexion. Cependant, les romans sont revenus à moi dans un cri de détresse alarmé : ils me manquaient. C’est comme ça que d’un, ils se métamorphosèrent en plusieurs.

Je me souviens d’un article et d’un TAG. Je proclamais que jamais je n’arriverai à lire plusieurs livres en même temps. Que nenni ! C’est un changement qui me convient mieux car, je lis plus sans m’en rendre compte (occupant tous mes moments d’ennui par un livre puisque je jongle avec plusieurs), je classe les informations, m’accapare toujours de nouvelles connaissances en simultané. En bref, j’apprends encore plus en me déconcentrant pour me reconcentrer (je vous préviens dès maintenant que dans tous les articles que je posterai, certaines notions de mes cours d’arts transparaitront pour votre plus grand bonheur).

La couverture amène les morceaux de mon cerveau à se recomposer. J’ai appris, grâce à ces nombreux ouvrages que je pouvais toucher à tout et m’éparpiller car il suffisait de se concentrer sur une tâche pour que tout revienne. Si je frappe fort mon clavier à l’instant même, sans relire et me doutant de nombreuses répétitions tout le long de ce périple, j’ai surpassé quelques obstacles. Celle d’affronter les préjugés qui m’embourbaient. Il s’agit de cela, la cause principale, cette façon de voir une manière qui me correspondait mais qui, ayant évoluée, ne trouve plus sa place.

Pour mieux m’exprimer : lire plusieurs livres en même temps permet de dynamiser le cerveau. Je le ressens comme ça en tout cas. Je ne reste plus cloitrer sur un seul thème. Même, je me permets d’avantage d’abandonner les livres dont mon humeur ne l’apprécie pas à cet instant, pour le reprendre mieux après. J’enlève la culpabilité idiote de cette ritournelle « s’investir dans plusieurs œuvres en même temps c’est trahir l’auteur et l’artiste ».

J’avais envie de poser un petit grain dans ce vaste édifice d’article s’approchant du même sujet. Pour démontrer que, lorsqu’on grandit, les méthodes assimilées se transforment, correspondent à ce temps présent qui s’envolera lui aussi pour former d’autres méthodes. Il est très plaisant de s’évader dans différentes histoires, de découvrir de nouveaux styles, de nouvelles pensées. D’essayer de lier entre eux les nombreux ouvrages pour y créer un tout. Il suffit de ne pas se perdre dans ce labyrinthe touffu de connaissances, d’émotions, de sensations.

Problématiques artistiques

Je ne souhaite pas faire du beau, je souhaite toucher le laid

J’avais envie de parler sur le fait de créer. Plusieurs fois j’ai ouvert une page blanche, l’immaculée n’attendant que les vertiges de la frappe du clavier pour expliquer un peu et plusieurs fois j’ai supprimé cette fameuse page où rien ne venait. Maintenant, j’écris, je n’ai plus peur. Si en fait, j’ai peur. J’ai peur du regard des gens, j’ai peur d’exposer l’intimité qui se délite sur les traits de mes dessins. J’ai peur du jugement surtout. Ce jugement que je m’imagine déjà : « oui mais elle se met en scène », « regarde comment elle écrit c’est déjà vaniteux », « elle ne parle que d’elle, c’est désagréable à la longue ». J’avais longuement réfléchi à un plan, mais ce genre d’article ne le permet pas puisque c’est sa spécificité première : révéler, re-présenter. Un miroir défiguré que l’on n’aimerait pas voir car l’on sait que tout ce qui se montre se déglingue dans l’inconscient et réveille quelques fardeaux que l’on prenait soin d’endormir soigneusement.

Toutes les excuses étaient bonnes pour ne pas dévoiler mes productions ; dont l’une que je me répétais incessamment : oui mais je n’ai pas assez de trucs à montrer, j’ai pas le temps, j’attendrais. Je fuirais plutôt, c’est le terme approprié. Cependant, depuis l’année dernière j’entends des propos assez étranges lorsque quelques-unes de mes connaissances observent à la dérobée ce que je fais. En même temps, j’ai choisi des études d’arts, non pas de l’histoire mais de la pratique, celle-ci même que j’évitais ne voulant pas m’affronter. Une sorte de thérapie trépassée, trois années de licence où j’ai fait le minimum syndical, profitant surtout des forums rpg pour effacer la réalité qui me tourmentait.

J’ai laissé murir le fruit de la maturité, du changement, de la guérison, doucement, simplement. Un jour, je me suis réveillée, cette phrase scotchée à mes lèvres, ayant changé ma conception de ma pratique (qui se résumait à : de toute façon t’es nulle donc ne fais rien, ne dessine rien, t’es pas douée pour ça) : « si tu ne dessines pas, tu ne progresseras jamais ». Et j’ai commencé à remplir quelques feuilles, par-ci par-là, ma quantité d’esquisse augmentant mois après mois. Au début on dessine comme un pied, nous ne sommes pas génie, le talent s’acquiert par le travail, la patience, la rigueur et la passion. Or, le problème se pose, redoutable fléau. Et lorsqu’on n’a pas confiance en soi, que ce que l’on voit tremble, frissonne, dégoute ? Mais que l’on a besoin de s’exprimer, de s’exorciser ?

Une dualité émerge. Tantôt on a envie de peindre, de créer, de posséder les méandres de notre inconscient, de le comprendre, de l’atteindre par le biais de la création artistique. Tantôt on se bloque, une épée de Damoclès au-dessus de notre tête. Tantôt on s’ambitionne de magnifiques projets qui s’évanouissent dans le souffle putride de la procrastination. Parce que ne rien faire est plus facile que de faire. Parce que l’art, c’est le moyen suprême de fabriquer, de donner à voir ce que l’on ne désire pas voir. Car, bien qu’une œuvre, une ébauche, un croquis, se parent d’attention, de sens ; qu’elles naissent tous de l’esprit et se matérialisent, c’est extrêmement compliqué de poser sur elles un regard objectif.

Aujourd’hui, j’essaie de dessiner tous les jours. Ma main semble plus apaisée, plus confiante, pour rassurée. Elle parcoure de son critérium favoris les pages de ses carnets, enveloppe de noir et d’encre les feuilles immaculées. Déchirent, écartèlent les membres de ces corps. J’ai appris que l’idéal d’une beauté projetée n’avait guère disparue et qu’elle datait depuis l’antiquité. Que les canons de proportions, que le fait de savoir « bien » dessiner résultait surtout d’une pensée sociétale, d’une philosophie point évanouie. Or, toute ma recherche repose sur cet idéal que j’ai envie d’éclater, d’écrabouiller.

Je ne souhaite pas faire du beau, je souhaite toucher le laid.

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