Cosmologie introspective

2017 dans le passé, 2018 dans l’espoir.

L’envie d’écrire un article de blog me titille passionnément. Je cherche. Je cherche. Une dizaine d’articles inachevés, gardés dans mes brouillons semblent s’assoupir encore pour un bon moment. Deux semaines que j’ai délaissé l’activité de mon territoire d’amatrice journaliste. Je ne voulais pas faire comme tout le monde également, des articles sur la fin de l’année, les coups de cœur littéraires et cinématographiques. Mais janvier s’approche, doucereux premier mois annonçant une nouvelle année. Toujours, le cœur s’affole. Un peu distrait. Un peu désorienté par les prémices d’une inquiétude se dessinant vers les mois où le changement s’annonce. Je vais reprendre cette tradition d’un bilan en vous dévoilant les fameuses choses que j’ai apprise, ayant bouleversé ce 2017, somme toute, une assez bonne année.

La confiance en toi tu apprendras.

Problématique sociétale, riche en blocage. Vingt-trois ans puis vingt-quatre, des doutes, des questionnements. Je n’en suis pas capable me répétais-je vivement lorsque je commençais une activité. Si je ne me suis pas arrêtée, c’est parce que j’ai besoin de ces trois passions. Un besoin vital d’ailleurs. La lecture. L’écriture. Le dessin. La lecture faisant partie de moi, je n’ai pas de mal à m’absorber une, deux, trois heures dans la journée, à m’engouffrer dans les pages.  L’écriture tisse un lien étroit avec la lecture. Lire me donne envie d’écrire, de faire vivre sur des pages de papiers des actions mouvementées, des portraits déchirées, des analyses psychologiques pour les grands meurtriers. Cependant, écrire me demande un effort certain. Non parce que je rechigne à la tâche, surtout parce que j’ai peur de mal faire. Car je sais que ce que j’écrirai ne sera pas à la hauteur de mes exigences. Enfin, le dessin. Etant étudiante en arts plastiques, j’ai besoin de dessiner régulièrement et, pendant mes trois années de licence je n’en faisais rien. Une stratégie d’évitement comme me dit souvent l’un de mes profs. Un beau jour, je me suis réveillée avec cette phrases soudain évidente : « si tu ne fais rien, tu ne progresseras jamais. ». Il m’a fallut trois ans pour comprendre qu’un « talent » artistique n’apparaissait pas à la naissance, qu’il n’était pas inné. Depuis, j’essaie de dessiner tous les jours et plus les jours passent plus j’apprends à apprécier les quelques esquisses que je produis.

Ne pas subir la domination d’un petit ami.

J’ai rencontré un homme. Histoire banale dans une existence atypique (car chaque personne étant différente, chaque vie est différente). Ce fut ma première rencontre où je découvrais les rondeurs exquises de l’amour. Or, de cet homme je ne l’aimais pas. J’étais simplement reconnaissante de l’idée qu’il m’aime. Là, on s’approche d’un véritable problème. Celui d’une relation malsaine. Car si, dans un couple, l’un des deux se sent si inférieur à l’autre, l’autre pourra à loisir le manger ou l’écraser, prenez le terme qui vous convient le mieux. J’ai tout, absolument tout fait pour lui, lorsqu’il me faisait pleurer avec ses remarques puériles, je me taisais. Lorsqu’il tentait de me dominer à coup de débat politique sans jamais m’écouter, je me taisais. Jusqu’au jour où, lorsque j’ai craqué il a voulu me quitter j’ai réalisé. Réalisé que cette rupture me soulageait, me libérait. Et, dans ma tête je l’ai remercié. Car une femme ne doit ni subir la pression familiale, ni sociale, ni dans un couple. Car une femme mérite, elle aussi, de prendre du temps pour elle et de dire les choses, ces sentiments qu’elle referme au fond d’elle pour ne pas blesser l’être aimé. Cette relation m’aura permise de réfléchir sur moi, vers quelles personnes étais-je le plus attirée, vers mes souhaits d’avenir. Comme le dit Simone de Beauvoir « L’homme se pense sans la femme. La femme ne se pense pas sans l’homme », pour les années à venir j’aimerai changer cette maxime, me consacrer à mes projets d’avenir sans ployer sous les désirs d’un homme.

Je suis devenue féministe.

Lors des vacances d’Octobre, une semaine de repos chargée en sommeil ; j’ai profité de ce temps de pause pour lire quelques articles de blog (je ne lis pas les articles de grands journaux souvent manipulés par la société et le système). Grâce à Histoire Vermoulue, j’ai découvert Buffy Mars. C’est grâce à cette femme que la prise de conscience, drastique, m’incita à ouvrir les yeux. A ne plus être dans le déni. Les premiers jours, se passèrent dans la torpeur, comme si j’avais décelé dans le lointain de mon île déserte une autre population voisine, population solidaire, fervente protectrice de l’amélioration des droits de la femme, de l’autre. Mes paupières se sont ouvertes quand j’ai constaté que la société dans laquelle je vivais (et que je n’aimais guère) s’alliait aux hommes et dénigrait les femmes, qu’elle se masquait sous le voile égalitaire alors que, dans les films, les séries, la littérature pour jeunes adultes, la femme est échue dans un stéréotype datant de mille siècles. Rien n’a changé et tout est à modifier. La femme est devenue plus indépendante certes, cependant, beaucoup pensent qu’il en est ainsi depuis deux trois siècles. Je tiens à dire que la femme a obtenu son chéquier en 1971, soit, même pas quarante ans de nos jours. Depuis le mois d’Octobre, je réfléchis, je m’oriente vers des articles politiques, je m’exclame, je m’insurge contre ces mâles n’ayant aucune conscience des droits, privilèges leur étant accordés. Plus qu’aux femmes.

La pression des études tu jetteras.

Septembre, master enseignement. Septembre, le début de certains symptômes alors inconnus ou ignorés. Une période où mes jambes ne pouvaient plus me soulever, où il était difficile de faire un pas sans douleur psychique. Là où mes notes dégringolèrent, là où j’ai remarqué qu’effectivement, dans cet état de panique frisant l’absurde il fallait que je déconstruise tout pour mieux reconstruire. La valeur première pour bien réussir, c’est l’amour que tu portes à tes études, la valeur affective que tu portes à tes connaissances, tes professeurs (guides des plusieurs années peut-être). Ne pas se laisser démotiver, décourager par les on-dit. On le sait, tous, que les concours sont difficiles mais un ratage n’est pas la fin du monde. Au contraire, ça peut être le début d’un nouveau chemin. Tu n’auras pas perdu une année, ce que tu auras appris te serviras plus tard. Ces quelques phrases me rassurent, la ligne imaginaire de progression également. Je sais que j’apprends en lisant, que j’écoute énormément, que ma bataille ne se confronte pas à une paresse nerveuse mais plutôt à une angoisse terrible qu’il faut que j’apprenne à balancer par la fenêtre. Entrer dans un état de concentration intense, un sage en action lorsque je me trouve devant ma feuille vierge.

Un blog pour partager.

En réalité, mon blog aura presqu’un an car j’ai ouvert mon premier en janvier dernier. Mon ex voulant supprimer mon nom de domaine j’ai déménagé. Puis j’ai voulu reprendre un nom qui m’appartiendrait. Cette fois-ci je me suis forgé un nid dont je ne bougerais plus. J’ai réfléchi à ma ligne éditoriale, j’ai trouvé quatre axes qui m’obsèdent, me fascinent, me passionnent : la psychologie, la littérature, l’art, le féminisme. J’en rajouterai d’autre, quand mon blog commencera à se remplir de pas mal d’articles. Hétéroclite, à mon image bordelique, il me plait et, changeant, se mouvant au grès de mon évolution intellectuel il me permet de faire des rencontres formidables. J’aime cette sphère de partage particulière, cette effervescence autour d’un même thème. Internet a ça de bien que toute un peuple peut sortir des chaînes d’un système, d’une société pour se passionner dans une communauté.

Previous Post Next Post

You Might Also Like

6 Comments

  • Reply Naomi décembre 28, 2017 at 5:34

    C’est le premier commentaire si je ne m’abuse que je poste sur ton blog, tout propre tout beau om tu ne bougeras plus. Je te lisais en silence, en retrait, sans rien dire, va savoir pourquoi. Mais j’étais là. Présence ténue.
    Je me manifeste pour ton bilan, et je suis heureuse de voir que tu évolues, de voir que tu réussis à aller mieux, à aller de l’avant.
    J’espère que ça continueras dans ce sens en 2018 !

    • Reply AMBROISIE janvier 8, 2018 at 7:02

      Et moi je réponds super en retard, je suis désolée >< Je ne voulais pas répondre sans rien dire en fait, alors j'ai pris le temps pour être disponible ** Je comprends, quelques fois on n'a pas envie de poster, ni de parler. Et ce temps il est précieux. Mais ça me touche toujours autant de voir que tu suis mon blog toujours avec autant de plaisir (peut-être ?) moi aussi je lis ton blog en retrait, parce que tes articles sont toujours aussi beaux et si poussés que c'est un plaisir de te lire ! Oui, ça ne peut que bien se passer pour 2018 ! Pour toi aussi je l'espère !

  • Reply Ada décembre 29, 2017 at 12:25

    Je suis personnellement très fière de ton évolution (pourquoi, on ne sait pas), tu es en train de devenir une femme forte. Tu es quelqu’un de très optimiste, je l’avais déjà senti lors de nos conversations et ça se confirme. Personnellement, je sais que l’optimisme est toujours là, chez moi, mais le négatif prend très souvent le dessus.

    Je crois qu’on a pris la même résolution pour les hommes. xD

    Je suis très contente que tu sois toujours là. (je reviendrai un jour sur Discord, mais j’ai très peu envie de discuter en ce moment…)

  • Reply Anaïs décembre 31, 2017 at 10:40

    Tu peux être fière de ton évolutions et de toute ces prises de consciences.
    Je connais trop bien le stress et la quasi-paralysie qu’engendre la perspective d’un concours. Ce sont des moments compliqués à gérer mais comme tu le dis, rater un concours n’est pas une catastrophe et l’échec est une forme d’apprentissage (même si sur le moment on le vit pas comme ça). Et puis je crois que le travail finit toujours pas payer. Je te souhaite d’aborder ça le plus sereinement possible.
    Au plaisir de te lire encore sur ce très beau blog.

  • Reply Pauline janvier 5, 2018 at 1:18

    Je suis impressionnée par ton année et ton évolution et ravie d’avoir pu te faire découvrir Buffy Mars.
    Joyeux anniversaire à ton blog alors !
    Je te souhaite surtout de passer une belle année et je te suivrai avec toujours autant de plaisir sur ton très beau blog (je te l’ai déjà dit je crois mais cette nouvelle version est sublime !)

    • Reply AMBROISIE janvier 8, 2018 at 7:05

      Buffy Mars c’est un réel coup de coeur, alors merci beaucoup de l’avoir partagé. Sans toi je ne la connaîtrais pas je pense.
      Oui tu me l’as déjà dis, je suis ravie qu’il te plaise !

    Leave a Reply